Par Rachel Knaebel

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Berlin-Paris en train de nuit, c'est fini!


mardi 16 dcembre 2014
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La Deutsche Bahn supprime ses lignes de nuit entre la France et l'Allemagne à partir de décembre, faute de rentabilité. La fin d'une époque, à l'heure de la concurrence des vols à bas coût et d'une offre de train de jour qui s'améliore.


 
Mi décembre, les trains de nuit entre Berlin et Paris feront partie du passé. La compagnie allemande de chemins de fer a décidé cet été la suppression définitive des trains de nuit entre Paris et Berlin, Hambourg et Munich. Elle arrête aussi les liaisons de nuit vers Amsterdam, Copenhague et Prague. C'en est donc fini des 13 heures de trajet qui se faisaient allongé sur des couchettes plus ou moins confortables selon le niveau de prix, ou assis dans un compartiment à discuter avec les voisins et à tenter tant bien que mal de fermer l'oeil. Fini les rencontres avec des touristes espagnols, américains, sud-africains au petit matin, debout dans les couloirs, devant les larges fenêtres derrière lesquelles défilait 1100 km de paysages. Fini les scènes de drague au milieu de la nuit entre deux compartiments ou au bar du train. "La dernière fois que j'ai pris ce train, j'avais offert un verre à ma voisine de compartiment au wagon restaurent", se souvient Mathieu, 31 ans. Il a encore profité du Paris-Berlin en octobre, pour 100 euros aller-retour. "C'est vraiment dommage de supprimer ces trains. Ils sont tout le temps plein".  
Une ligne déficitaire
 
La Deutsche Bahn se refuse à communiquer des chiffres précis sur la fréquentation de ces trains supprimés. "Nous pouvons juste dire que la demande a baissé de 30 % dans les dix dernières années sur l'ensemble des trains de nuit de la DB, national et international", indique une porte-parole de la DB. "Mais nous avons constaté que beaucoup de voyageurs optaient de plus en plus pour les trains de jour." C'est de toute façon l'argument de la rentabilité qui a joué un rôle dans la décision de la Deutsche Bahn. Elle supprime les lignes les plus déficitaires. Le trajet vers Paris en fait partie. "En 2013, nous avons enregistré 12 millions d'euros de pertes sur les trois lignes supprimées", précise la porte-parole.
 
Des chiffres que contestent Joachim Holstein, représentant du personnel de la filiale de la Deutsche Bahn European Railservice, en charge des trains de nuit. "En 2012, nous avons enregistré 1,6 million de voyageurs sur les trains de nuit internationaux de la Deutsche Bahn, auxquels il faut ajouter 1,2 million de passagers dans les wagons sans réservation." Le président du comité d'entreprise avance même une hausse de 20 % du nombre de passagers ces quatre dernières dans les wagons couchettes et lits sur l'ensemble des trajets de nuits internationaux de la DB. "Si on regarde les résultat brut des lignes supprimées, sans compter les coût de l'administration centrale, elles ne sont pas déficitaires", défend même Joachim Holstein, qui pointe aussi la centaine de suppressions d'emplois que va entraîner l'arrêt des trois lignes. "Nous qui sommes un groupe public qui transporte des millions de voyageurs chaque année ne devons de toute façon pas supprimer des lignes particulières avec le seul argument qu'elles seraient déficitaires, parce qu'elles s'inscrivent dans le système global de transport ferroviaire. Beaucoup de voyageurs sont obligés de prendre ces lignes, ils en ont besoin." Touristes désargentés, public professionnel qui doit passer d'un rendez-vous la veille dans une capitale à un autre le lendemain matin dans l'autre, familles avec enfants... les trains de nuit attiraient des publics variés. Et ce même si ces dernières années, les retards s'accumulaient sur le trajet. Les prix des billets, bien plus bas que dans les trains de jour, restait un argument de taille pour les voyageurs. Une place assise dans un train de nuit Berlin-Paris se vendait à partir de 30 euros. Et ce pour un trajet direct, contrairement aux liaisons de jours, pour lesquels il faut prendre une correspondance à Mannheim.
 
De moins en moins de trajets de nuit
 
Reste que la fin des trains de nuit est dans l'air du temps. La France aussi en compte de moins en moins. "Je me souviens qu'il y a encore quelques années, il y avait un train de nuit qui allait de Nantes à Nice, en passant par le sud-ouest de la France", raconte Matthieu. La ligne a été supprimée en 2011. Du côté des trajets internationaux, la filiale de la SNCF Elipsos a cessé l'année dernière ses liaisons de nuit entre la France et l'Espagne. Les inconditionnels des voyages nocturnes au son des locomotives pourront toujours se consoler, des deux côtés du Rhin, avec les offres vers l'Italie. Celles de la Deutsche Bahn à partir de Munich sont maintenues au moins jusqu'à la fin de 2015. En France, une filiale de Trenitalia, Thello, propose des trajets de nuit au départ de Paris vers Milan, Padoue, Vérone et Venise.
 
Mais pour les habitués de la ligne nocturne franco-allemande, il ne reste que trois solutions : passer à l'offre de jour, soit un peu plus de huit heures de trajet, mais plus chère, au bus, long et peu reposant, ou encore à l'avion, bien plus polluant. "Je comprends que prendre un train de nuit, ça fasse un peu archaïque. Mais c'est aussi une autre manière de voyager. C'est donner le temps à son voyage. Et en faire vraiment l'expérience", philosophe Mathieu avec nostalgie.
 
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